The Testimony of a Single Mother

by Constantin Lu

Léa, mère seule élevant deux enfants, raconte son histoire. Vivant au Havre, elle a dû travailler deux fois plus pour subvenir aux besoins de sa fille de cinq ans et son nouveau-né. Elle a été contrainte à travailler la nuit, engager des nourrices et rater les premiers pas de son fils. Son récit, c’est celui de millions de femmes en France, celles que l’on appelle les mères seules et qui se démènent jours et nuit pour s’occuper de leur famille.

Léa raconte sa colère. D’abord contre le père, parti après la naissance du petit dernier, refusant d’apporter son aide d’une quelconque manière. « C’est facile de partir quand on est un homme », dénonce-t-elle, « ils se détachent très facilement des responsabilités parentales ». La lourde tâche de l’éducation des enfants incombe ainsi aux femmes, et cette injustice est souvent justifiée par des arguments fondés sur « l’instinct maternel », vu comme le rôle « naturel » des femmes. Mais Léa rappelle aussi que le père absent rate le vrai bonheur de voir ses enfants prononcer leurs premiers mots, rire, jouer et grandir.

« Personne ne prépare les futures mères en leur disant la vérité : ce n’est pas toujours le bonheur d’élever des enfants » confie-t-elle. La jeune mère s’est même surprise une fois à haïr son propre enfant. En plein burn-out professionnel, rentrer chez elles après son travail n’était plus un gage de repos : il fallait faire à manger, faire prendre la douche aux enfants, les aider pour les devoir, les mettre au lit, et ensuite subir les réveils intempestifs et bruyants du petit. Sans aucune minute pour elle, Léa a réalisé qu’elle ne prenait plus soin d’elle, qu’elle était fatiguée et qu’elle voulait parfois tout lâcher, claquer la porte et partir comme son ex-compagnon l’a fait. Ces sentiments l’ont ainsi poussée à consulter un spécialiste pour en parler. Aujourd’hui, elle regrette que la société ne prépare pas assez les futures mamans à ce dur rôle, que parler des difficultés soit presque un tabou. « J’aurai aimé qu’on me dise la vérité. Qu’être mère n’est pas synonyme de bonheur absolu. Qu’on me parle des galères. Qu’on me dise que c’est normal de craquer ».

Dans une société où la vie « parfaite » est valorisée dans les publicités, films et réseaux sociaux, le rôle de la mère n’y déroge pas. « On pense que l’on doit gérer le travail pour être des femmes indépendantes, chercher les enfants à la sortie de l’école, et vivre la vie parfaite tout en restant belles et élégantes ». Cet imaginaire de la mère parfaite pèse énormément, et particulièrement sur les femmes seules. Il est la source d’une remise en question constante néfaste à la santé mentale de personnes déjà affaiblies par la pression énorme qui repose uniquement sur elles. Aujourd’hui, Léa se rend dans une association locale où elle rencontre d’autres parents avec qui elle partage son vécu. Elle a aussi réalisé qu’elle était loin d’être la seule à avoir souffert de la parentalité. « S’occuper seule de ses enfants, c’est un combat de tous les jours ».

Léa, a single mother raising two children, tells her story. Living in Le Havre, she had to work twice as hard to support her five-year- old daughter and newborn baby. She was forced to work at night, hire nannies and miss her son’s milestones. Her story is that of millions of women in France, the single mothers who struggle day and night to take care of their families.

Lea shares her anger. First against the father, who left after the birth of the youngest child, refusing to help in any way. "It's easy to leave when you're a man," she denounces, "they can easily step away from their parental responsibilities." The burden of educating children thus falls on women, and this injustice is often justified by arguments based on "maternal instinct", seen as the "natural" role of women. But Léa also believes that the absent father misses the true happiness of seeing his children pronounce their first words, laugh, play and grow.

"Nobody prepares mothers-to-be with the truth: not every moment about raising a child brings happiness," she says. The young mother even surprised herself once to resent her own child. In the midst of a professional burn-out, returning home after work was no longer a pledge of rest: we had to make food, bathe the children, help them with homework, put them to bed, and then go through untimely and noisy awakenings of the child. With no time for her, Léa realized that she was not caring for herself anymore, that she was tired and that she sometimes wanted to let go, slam the door and leave as her ex-companion did. These feelings pushed her to consult a specialist to talk about it. Today, she regrets that society does not prepare future moms enough for this difficult role, that talking about difficulties is almost a taboo. "I wish I had been told the truth. That being a mother is not synonymous with absolute happiness. I wish I had been told about the problems and that it is normal to crack.

" In a society in which a "perfect" life is depicted in commercials, movies and social networks, the role of the mother is no exception. "We think we have to manage the work to be independent women, look after children after school, and live the perfect life while remaining beautiful and elegant." This fantasy of the perfect mother weighs a lot, and especially on single women. It is a constant threat to one’s mental health, already weakened by the enormous pressure that is solely shouldered by them.

 

Today, Léa goes to a local association where she meets other parents with whom she shares her experience. She also realized she was far from the only one who had suffered from parenting. "Taking care of your children alone is an everyday struggle".

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